Votre client envoie un brief. Quelque part entre les spécifications de format et le délai de livraison, il y a une phrase : « les supports doivent être écologiques ». Ça semble anodin — jusqu’à ce que vous demandiez ce que cela signifie exactement. Car désormais, « éco » sur une bâche, un roll-up ou un présentoir PLV n’est pas une question d’esthétique ou de bonnes intentions. C’est une affirmation qui doit être étayée par des documents.
La directive UE 2024/825 sur la lutte contre le greenwashing est entrée en vigueur et concerne tout le monde — le fabricant, l’agence et le responsable marketing qui a validé le message. La responsabilité de la communication environnementale se répartit sur toute la chaîne : de l’imprimeur à l’agence jusqu’au client final.
Qu’est-ce qui a vraiment changé ?
La loi n’a rien inventé de nouveau — elle a précisé ce qui aurait toujours dû être évident : si vous appelez quelque chose écologique, vous devez le prouver. La différence, c’est qu’avant « prouver » signifiait à peu près « pouvoir l’expliquer ». Maintenant, cela signifie : détenir un certificat d’un organisme externe accrédité. La propre déclaration du fabricant — même sincère et exacte — ne suffit plus.
Deuxième point important : une affirmation écologique doit porter sur une caractéristique précise, pas sur une impression générale. Un emballage éco ne rend pas le produit éco. Un transport éco ne rend pas toute l’entreprise éco. Une bâche imprimée avec une encre certifiée ne rend pas la campagne éco.
Où les agences et les responsables marketing entrent-ils dans la zone de risque ?
Trois situations qui semblent anodines mais créent un vrai risque juridique :
– Un brief avec une exigence générale « matériaux eco ». Le client écrit « nous voulons des supports respectueux de l’environnement » — l’agence transmet à l’imprimeur, l’imprimeur confirme « oui, nous avons des options éco ». Personne ne demande de certificat. Le support part en production avec la mention « éco » et aucun maillon de la chaîne n’a le document pour l’étayer.
– PLV ou support événementiel avec une mention éco sur le support lui-même. Si un présentoir, une bâche ou une cloison porte un message suggérant des qualités écologiques — sans préciser le périmètre et le certificat — c’est exactement ce que la directive met en garde. Même si un composant (par exemple l’encre) est genuinement certifié.
– Campagnes affirmant la neutralité carbone. « Neutre en carbone » exige désormais des réductions d’émissions documentées — pas l’achat de certificats de compensation. C’est un changement significatif pour de nombreux acteurs du marché.
5 questions à poser à votre fournisseur d’impression
Une liste à enregistrer, imprimer et envoyer avec chaque brief qui contient les mots « éco », « vert », « durable » ou similaires. Un bon fournisseur répondra à chacune avec un document concret. Bon signifie sûr — pour vous, votre agence, votre client.
1. Quels certifications détenez-vous et auprès de quel organisme accrédité ? Pas « êtes-vous éco » — mais « quel certificat avez-vous et qui l’a délivré ». La propre déclaration du fabricant ou l’auto-certification ne répond pas aux exigences de la directive. Le certificat doit provenir d’un organisme externe accrédité.
2. Quel est le périmètre exact de cette certification ? Un certificat peut couvrir une ligne de produits spécifique, une matière première particulière ou seulement une étape du processus. Demandez directement : qu’est-ce qu’il couvre et qu’est-ce qu’il ne couvre pas. C’est cette limite qui détermine ce que vous avez le droit d’écrire dans vos communications.
3. Pouvez-vous fournir la documentation de la chaîne d’approvisionnement ? Pour des certifications comme le FSC, le certificat du seul imprimeur ne suffit pas. Il doit être possible de tracer l’origine du matériau depuis la source. Demandez si cette documentation est disponible et dans quel délai.
4. Quelles formulations précises puis-je utiliser dans ma communication ? C’est la question que la plupart des donneurs d’ordre omettent. Demandez au fournisseur une liste concrète : « sur cette base, vous pouvez écrire X, mais pas Y ». Un fournisseur qui sait ce qu’il fait répondra sans hésitation.
5. Que se passe-t-il si mon client me demande une preuve ? Disposez-vous de documents que je peux transmettre sans modification ? En cas de contrôle ou de réclamation, vous serez le premier point de contact. Votre fournisseur doit être prêt pour ce scénario.
À éviter dans vos communications — sans certificat, ces termes sont juridiquement risqués :
« respectueux de l’environnement » · « éco » · « vert » · « favorable au climat » · « biodégradable » · « neutre en carbone » · « zéro déchet » · graphiques de feuilles vertes suggérant un étiquetage écologique officielChacun de ces termes nécessite un certificat externe ou une preuve documentée d’une haute performance écologique pour la caractéristique spécifique revendiquée.
Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
La directive n’est pas une menace — c’est un assainissement du marché qui aurait dû se produire depuis longtemps. Pour les agences et les responsables marketing, le changement est simple : avant que quoi que ce soit avec un message environnemental parte en production, il faut un document derrière. Pas une déclaration. Pas une conviction. Un document.
Un fournisseur d’impression qui comprend ce changement et peut répondre aux cinq questions ci-dessus est un partenaire avec lequel vous pouvez réaliser en toute sécurité des projets avec des exigences environnementales. Celui qui répond « bien sûr, tout ce que nous faisons est éco » sans documents — non.
Vous avez un brief avec des exigences environnementales ?
Dites-nous ce que votre client exige — quelles certifications, quel périmètre, quelles affirmations doivent apparaître dans la communication. Nous vous dirons directement ce que nous pouvons offrir et ce que vous pourrez communiquer sur cette base.
Sans généralités. Sur la base de votre brief concret.
